Moto 2 - Shoya Tomizawa: Les questions après l'émotion CARADISIAC MOTO
Le dramatique Grand Prix de San Marin de Moto 2 va devoir livrer les secrets de sa tragédie qui a emporté l'espoir japonais Shoya Tomizawa. Certes, cela ne le fera malheureusement pas revenir, mais il n'en demeure pas moins que des interrogations cherchent leur réponse. La question de la sécurité est ainsi posée au premier plan et la FIM, tout comme la Dorna, tiennent à rappeler que le sport motocycliste est avant tout une activité dangereuse, que la fatalité peut dramatiquement aggraver:
«La FIM et Dorna, avec l’ensemble des protagonistes du motocyclisme, ont énormément travaillé ces dernières années à l’amélioration de la sécurité active et passive de sorte que les circuits et les installations utilisés pour la pratique de notre sport atteignent un niveau de sécurité le plus élevé possible » annonce ainsi la FIM. « Toutefois, la dynamique des accidents qui ont lieu dans notre sport est souvent imprévisible. Nous devons poursuivre nos recherches et nos analyses afin de les minimiser. »
Sur ce point précis, Casey Stoner a des idées qu'il a tenu à faire partager: « Je me bats depuis le début contre le bitumage des voies de dégagement. ’estime que ces espaces, qui comportent de l’herbe artificielle juste après le vibreur, rendent les pilotes trop sûrs d’eux. C’est ridicule, les pilotes sont trop confiants et n’ont plus peur. Cette fausse sécurité qu’on nous offre n’est pas positive. Je pense que nous autres, motards, courons plus de risques que les automobilistes : ce sont les motos qui devraient établir les standards, pas les voitures. » Vaste débat !
Par ailleurs, la même FIM a aussi tenu à livrer son expertise sur la réaction de l'organisation du Grand Prix de San Marin après l'accident: « J'ai été en contact avec la Direction de Course pour comprendre les circonstances de l'accident et je sais que tout ce qui pouvait être fait a été effectivement mis en œuvre pour sauver la vie de ce coureur. » Une précision qui n'est pas anodine tandis que le Procureur local a ouvert une enquête, n'excluant pas de poursuivre De Angelis, Redding et les commissaires qui ont évacué le pilote, puisque l'un d'eux est tombé en portant la civière, pour homicide involontaire.
Par ailleurs une polémique se fait jour sur le non déploiement du drapeau rouge et l'heure de l'annonce du décès de Shoya. Ainsi, on n'aurait pas voulu arrêter la course et, comme au moment du drame de Senna en Formule 1, dévoiler la vérité trop tôt, pour permettre au Moto GP de faire son épreuve. Car en cas de décès sur piste en Italie, on arrête les festivités et on commence les investigations.
MOTO GP.COMLe point de vue de la Fédération Italienne de Motocyclisme sur le décès de Shoya Tomizawa
Jeudi, 09 septembre 2010La FMI a publié un communiqué officiel suite à l’accident du pilote MotoGP japonais survenu le dimanche 5 septembre au Circuit International de Misano.
La controverse perdure suite au décès du pilote japonais Shoya Tomizawa survenu au cours du Grand Prix de Saint-Marin organisé le dimanche 5 septembre au Circuit International de Misano.
La Fédération Italienne de Motocyclisme considère qu’elle doit exprimer son opinion, bien que le Championnat du Monde MotoGP soit organisé sous l’égide de la Fédération Internationale de Motocyclisme, à l’instar des Championnats du Monde de chaque discipline.
De nombreux commentateurs ont parlé de la sécurité du circuit et se sont demandés si la course n’aurait pas dû être arrêtée après l’accident.
La Fédération Italienne pense que les dispositifs de sécurité de haut niveau mis en place à Misano assure une piste ‘sûre’. La piste est homologuée selon les règlements et a accueilli en 2010 deux événements de l’Italian Speed Championship, le plus haut niveau de la course sur route en Italie.
Immédiatement après l’accident, le pilote blessé a très vite été conduit dans un lieu sûr du circuit, où les médecins ont pu intervenir en très peu de temps et lui fournir les soins appropriés. Une ambulance stationnait et était prête à transférer le pilote vers le Centre Médical du circuit, l’un des plus modernes et des plus avancés sur le plan technologique en Italie. Arrêter la course – alors que la piste a été très vite nettoyée et que les débris avaient tous été enlevés – n’aurait fait aucune différence pour la sécurité du pilote. La procédure aurait même ralenti l’intervention puisqu’il aurait fallu dans ce cas attendre l’arrivée d’une ambulance sur la piste.
“Le motocyclisme est un sport dangereux,” rappelle Paolo Sesti, le président de la Fédération Italienne, “et nous devons en rester conscients, même ceux qui ne sont pas directement impliqués. Des efforts sont constamment fournis pour améliorer la sécurité durant les compétition et un excellent niveau a été atteint.”
“De grandes oeuvres ont été réalisées ces dernières années, notamment des modifications du tracé de la piste, des élargissements des voies de dégagement, des changements de vibreurs, des poses de gazon artificiel le long de vibreurs. Je tiens donc à exprimer ma satisfaction totale et ma sympathie envers la Direction du Circuit, le personnel médical et les officiels de la compétition. L’accident a été géré d’une façon exemplaire et comme il aurait dû l’être.”
“Exprimer sa colère face à la malchance ne sert à rien, saluer le défunt pilote et honorer sa mémoire en silence me semble plus approprié.”
